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Réalisé par Sasha Joseph Neulinger
Publié par FilmRise
USA. 86 min. Non classé

Dans ce documentaire captivant et souvent poignant, le réalisateur Sasha Joseph Neulinger revisite des films de lui-même du début des années 1990, dans lesquels, à partir de l’âge de quatre ans, il est passé d’un caractère doux à un comportement troublant. Neulinger interviewe son père, Henry Nevison, qui a fait la majeure partie du tournage, ainsi que sa mère, Jacqui, à quel point cette période était frustrante pour eux. Cependant, l’impact émotionnel de ces conversations pâlit par rapport aux images de Sasha agissant: il lance des crises de colère, se retire de ses proches et menace de s’automutiler.

Nous rencontrons également la famille Nevison élargie, notamment les frères aînés de Henry, Howard et Larry. Howard, un chantre respecté dans une synagogue de New York, a une présence plus grande que nature, tandis que Larry est le mouton noir. Après avoir présenté la famille élargie, y compris Bekah, la fille de Henry et Jacqui, la sœur cadette de Sasha, le film prend la forme d’un cauchemar éveillé qui ne cesse de s’aggraver et de devenir plus surréaliste. Lors d’une visite avec Sasha à un thérapeute, Jacqui découvre que son fils est molesté par un homme adulte, mais il ne dira pas de qui il s’agit. Ensuite, il est révélé que Bekah a également été abusé sexuellement.

Neulinger revisite sans doute les années les plus horribles de sa vie avec une empathie surprenante pour ses parents, en particulier Henry. L’impression de Jacqui, quant à elle, est d’une mère attentionnée avec une patience sans fin; nous l’entendons constamment hors écran, ne perdant jamais son sang-froid, même lorsque l’humeur de Sasha est à son plus sombre. Elle n’hésite pas non plus à regretter de ne pas en faire plus, bien qu’il soit également clair que les agresseurs de son fils étaient à la fois calculateurs et insidieux.

Il y a des moments difficiles comme Sasha et Jacqui parlent de l’abus, et il est difficile à regarder mais fascinant de revoir les séances de thérapie des enfants que leur ancien médecin révèle les dessins qu’ils ont faits. Illustrant ce que les jeunes Sasha et Bekah ne pouvaient pas encore comprendre pleinement, ces artefacts sont néanmoins pleins d’images sombres et violentes, avec des monstres impressionnistes servant de stand-ins pour leurs agresseurs monstrueux.

Le dernier tiers est centré sur l’affaire pénale dans laquelle Sasha a été impliquée, où Neulinger met en lumière à quel point les victimes de violence sexuelle sont traitées par le système judiciaire, en particulier lorsque les accusés ont le pouvoir et les ressources. Il n’y avait pas d’enregistrement du témoignage de Neulinger dans la salle d’audience, mais les récits d’occasion de ceux qui étaient présents sont néanmoins puissants et inspirants, et l’acte de Sasha de faire face à son bourreau va un moyen de guérison. Lors de sa bar mitzvah, qui a eu lieu peu de temps après la confrontation dans la salle d’audience, son langage corporel est nettement plus léger et plus insouciant.

Rewind se termine sur une note optimiste, bien qu’il y ait une différence entre la victoire à la cour et la vie réelle. Dans ses scènes de clôture, le film nous rappelle que le système de justice pénale a encore grandement besoin de certaines réformes, et on ne peut nier la crédibilité de Neulinger en indiquant comment les victimes ont besoin d’une meilleure protection devant les tribunaux et en signalant les signes avant-coureurs de la maltraitance des enfants.

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